La force vitale est partout autour de nous dans la nature, dans les phénomènes, chez les êtres. Mais lorsqu'elle émane d'un artiste, d'une femme en l’occurrence, essentiellement peintre, cette force vitale se manifeste par des figures picturales d'une étonnante énergie, par une imagination nécessairement originale comme l'est la remarquable œuvre graphique et picturale de Pepa Paula Siekeranska.

Les techniques chez Pepa : peinture, dessin, monotypes, collages, empreintes, sont menées sans aucune inhibition, combinées librement et transgressées, mais c'est en peinture et sur de grands formats que cette liberté, autorisée par un métier et un regard très sûr, touche sans doute à sa plus impressionnante force d'expression.

Daniel Lacomme, 2013

 

Âme et corps se fondent chez Pepa Siekieranska, dans sa relation au support sur lequel elle travaille. Support libre, sans châssis qui s'avère toujours sans limites, de très grandes dimensions et qui dépasse toujours le panneau sur le chevalet. Cela confère un caractère mou et réceptif à la toile.
Avec des larges brosses en soie de porc, des pots qui débordent de peintures de toutes les couleurs, elle se jette avec conviction et passion non calculée sur celle-ci, dans un rapport qui ressemble à un combat de boxe, où Eros et Thanatos s'entremêlent et dans lequel la toile risque de l'engloutir. Où je vais? question qu'elle se pose souvent. Quelque part l'esprit nous attend. Qui gagnera, dans cette lutte, la toile ou elle? La matière abondante et généreuse, réussira-t-elle à connecter avec l'esprit, son rival?
Les formes, les couleurs, les arabesques apparaissent peu à peu issues de ce combat titanesque, dans une dialectique de construction-destruction où l'excès prime toujours sur le défaut et l'audace sur la timidité. La peur, toujours ressentie, loin d'être paralysante, devient stimulante. L'élan vital marche à cent pour cent. Des tableaux à prédominance abstraite bien construits apparaissent envahis d'une force étrange qui nous ramène aux arcanes de l'être.
Pepa a gagné. Le tableau existe!

Antoni Ros Blasco, 6 Avril 2014.